ELEVER DES CHIOTS

    Attendue depuis plusieurs semaines, voilà enfin la naissance des petits chiots, après deux mois passés dans le sein maternel. Miracle sans cesse renouvelé pour la grande joie de tous, cette naissance se déroule le plus souvent au domicile des maîtres, attentifs au bon déroulement de l'accouchement. Pendant toute la gestation, déjà, quelques précautions avaient été prises. Elles ont permis à la mère et à ses petits de passer avec succès l'épreuve de la naissance.

    A l'abri des courants d'air et des importuns, dans un coin aménagé à cette occasion, la jeune mère attentionnée se consacre avec empressement à la toilette des petits, puis à leur allaitement. La mère sécrète un lait très riche qui est la meilleure nourriture des petits pendant les premières semaines. Grâce à une alimentation légèrement modifiée, la jeune mère aura du lait en quantité suffisante pour toute sa portée. Les conditions optimales sont alors réunies pour que la croissance des chiots démarre bien.

    Parfois, lorsque la portée est trop nombreuse, s'il survient une inflammation ou une infection mammaire ou si l'instinct maternel se révèle défaillant, la survie des petits nécessite la participation active des maîtres. Ceux-ci doivent faire preuve d'une disponibilité importante pour pallier aux carences de la jeune mère. Selon le cas, il faudra assurer le réchauffement de la portée, le nettoyage de la zone périnéale, la stimulation de la défécation par massage doux du périnée à l'aide d'un coton humide. Il faudra également veiller à l'allaitement grâce à un lait reconstitué, surveiller les jeunes explorateurs et les ramener au nid.

    Toutes ces attentions demandent une grande disponibilité qui s'avère indispensable. Ces premières semaines constituent, en effet, une période particulièrement critique pour les nouveaux-nés. Il s'agit, à tous égard, d'un véritable sauvetage.

    Dès six semaines (voire trois semaines pour les petits élevés au lait artificiel), l'alimentation doit se diversifier et passer d'une consistance liquide à solide. C'est une nouvelle étape dans la vie du chiot. Le sevrage doit être très progressif afin de ne pas bouleverser soudainement la digestion. Les petits palais se verront d'abord proposer de très petites quantités d'aliment solides, que l'on augmentera peu à peu. Dès cet âge, les bonnes habitudes alimentaires doivent être inculquées. Outre la présentation de produits carnés, qui rencontre en accueil rapidement enthousiaste, il faut également diriger les petits vers les légumes et le riz. Un peu de persévérance permettra d'éduquer complètement les papilles. C'est la condition pour assurer une bonne hygiène alimentaire ultérieure.

    Rapidement, picorer dans la gamelle de leur mère intéresse autant, sinon davantage les petits qui ne continuent plus à téter que par gourmandise et par jeu. La mère, dont la quantité de lait diminue, se laisse téter moins volontiers et finit même par repousser les assauts gourmands de ses petits. La curiosité naturelle de ceux-ci les conduit à goûter les plantes, les fils électriques et autres pieds de chaise pour en tester le goût et vérifier si c'est également comestible.

    Ce comportement d'exploration et d'essais incessants, mêlé de jeu, commence principalement au moment du sevrage. Cette curiosité juvénile dure tout le reste de la croissance et ne prend fin qu'à l'âge adulte. C'est dire si l'attention de la jeune mère et de ses maîtres, puis celle des futurs acquéreurs, est grandement sollicitée ! L'esprit d'aventure des petits les conduit à tout tester. Ils attendent un encouragement par le goût, la caresse ou la félicitation ou une réprimande par l'amertume, une décharge ou l'interdiction vocale ou gestuelle. Selon la réponse, le petit jugera l'essai suffisamment agréable pour le renouveler et en prendra rapidement l'habitude. Dans le cas contraire, dégoûté par le résultat, il s'en détournera momentanément ou définitivement. Si tous les âges sont importants, celui du sevrage est certainement l'un des plus riches dans la vie d'un chiot. C'est dire l'importance qu'il faut attacher au bon déroulement de ces quelques jours qui débouchent sur la croissance proprement dite.

    Sevrés depuis une semaine, ils deviennent davantage autonomes. C'est à cet âge qu'ils changent de maître. Leur nouvelle maisonnée est source de nombreuses découvertes supplémentaires. C'est aussi l'occasion d'offrir aux nouveaux pensionnaires une nourriture réellement adaptée à leur croissance. Elle sera dense à cause du petit estomac, riche pour permettre la croissance et équilibrée pour que la minéralisation osseuse soit satisfaisante. Voilà réunies les principales caractéristiques d'une nourriture pour chiots. Quand les petits seront présentés au vétérinaire, celui-ci pourra conseiller soit une recette ménagère, soit un aliment spécialement formulé, pour cet âge. Ce sera l'occasion de personnaliser les conseils généraux développés ici afin de garantir une croissance harmonieuse. En effet, le tonus et la robustesse de votre compagnon sont étroitement liés à une alimentation de bonne qualité, distribuée en juste quantité.

    Carences et excès seraient grandement préjudiciables à la construction physique des petits, la croissance et l'ossification osseuse en pâtiraient notamment. Selon le cas, les quantités inadaptées de viande, calcium, phosphore et vitamine D conduisent à des déformations du squelette difficiles à amender et souvent invalidantes. En particulier, les gouttes destinées aux enfants sont fréquemment à l'origine d'un surdosage de vitamine D chez les animaux.

    A la fin de la croissance, entre 8 et 18 mois selon la race, il faut souvent inventer mille et un stratagèmes pour passer du régime 'croissance' au régime 'adulte'. Renoncer à une nourriture riche et concentrée et passer à des proportions et des quantités plus raisonnables n'est pas du goût de nos gaillards devenus adultes. Le passage à une nourriture plus standard est cependant indispensable, au risque de provoquer une obésité disgracieuse et invalidante ou d'engendrer certains troubles hépato-rénaux. La transition demande quelques jours et marque la fin d'une période capitale dans la vie de votre compagnon. Son développement, l'expression de son potentiel morphogénétique et l'acquisition de ses défenses immunitaires ont été rendus possibles grâce à un apport nutritif extrêmement équilibré. Pour en profiter pleinement, il faut également veiller à éliminer les nombreux parasites (ascaris et ténias) susceptibles de spolier votre compagnon et de gêner sa croissance. Ces quelques conseils font partie du suivi habituel assuré lors des visites de vaccination, chez votre vétérinaire. N'hésitez pas à lui faire part de vos questions à ce sujet, il vous répondra avec compétence.